Petit mémo orthotypographique

Lorsque je parle de ce genre de détails, je m’entends souvent dire : « Oh, il n’y a bien que toi pour t’attacher à ces futilités ! » Les services de communication se trompent, qu’il s’agisse du secteur public, des agences web ou de tous types d’entreprises privées. Il m’arrive d’en rire, comme il m’arrive d’en douter.

Et pourtant, je n’ai rien inventé. Pour la plupart des éléments que je souligne, les règles sont extraites du Lexique des règles typographiques de l’Imprimerie nationale.

Dans ce fameux livre, il est précisé que pour écrire première, c’est 1re ; pour premier, c’est 1er, et ainsi de suite avec 2e, 3e, 2nd et autres abréviations. C’est un début.

les abréviations de premier deuxième et autres dans le lexique

Ce genre de pratique trouve ses exemples dans la presse, l’édition et bien d’autres secteurs. Si vous ne me croyez pas, peut-être aurez-vous plus confiance envers l’organe de presse aux milliers de lecteurs, Ouest-France, qui titrait, dans les pages régionales, ce 25 octobre dernier, le 75e anniversaire… et non le 75ème, comme on le trouve si souvent sur les affiches d’événements ou autres.

titrage Ouest-France

La ponctuation

Après, il y a les règles de ponctuation. Vraiment très simples, que je peux résumer en une phrase : si ponctuation simple comme virgule ou point, pas d’espace avant, une espace après ; si ponctuation double comme : ; ! ou ? une espace avant et une après. L’espace est en effet un nom masculin pour tous, un nom féminin en imprimerie…

Les lettres capitales et leurs accents

Enfin, dernier détail qui pour moi prend toute son importance, surtout dans les posts Facebook ou les objets de mails, la majuscule, ou capitale d’imprimerie, agresse. Lorsqu’un logiciel pour malvoyants interprète un texte écrit en lettres capitales, il hurle, pas sympa pour le lecteur.

Information tout aussi vérifiable au théâtre : lorsque le texte est en majuscules, le comédien crie. Ma première expérience viroise de ce type de situation s’est déroulée avec Samuel Gallet, auteur de La Bataille d’Eskandar. Ayant lu le texte en amont de sa création au Préau, j’ai pu ensuite en prendre conscience le jour de la représentation.

Et ce procédé n’améliore en rien la lisibilité de votre message, merci d’y penser… Et de vous en rappeler, ce visuel vous y aidera. Comme l’aurait fait remarquer notre enseignant en gestion de projet, parfois il ne s’agit que de bon sens…

manque de lisibilité de la capitale

Tout un chacun répond parfois, à la correction de ce type d’erreurs, de belles aberrations.

« On fait comme on veut, 3e ou 3ème. On ne met pas d’accent sur les majuscules, on apprend ça à l’école primaire. « 

Eh bien oui, allons-y, et est-ce qu’on peut aussi écrire farmacie, éléfant et fasme avec un f, parce qu’avec ph c’est un peu compliqué, vous ne croyez pas ? Pour l’exemple de la capitale accentuée, la phrase-type utilisée est « Un homme tue » qui devient UN HOMME TUE, et qui ne veut pas dire la même chose qu’UN HOMME TUÉ, carrément la victime change. Alors non, on ne fait pas comme on veut, encore un exemple journalistique pour étayer cette théorie…

Échappée, majuscule accentuée